
Lundi 7 février France 3 diffuse à 23h10 « A armes égales », un documentaire sur les discriminations et la Fondation Mozaïk. Interview du réalisateur Philippe Pichon .
Qu’est-ce qui vous a donné envie de tourner ce documentaire ?
Mes films traitent des dysfonctionnements et des injustices de nos sociétés. En 2020, j’ai lu un article qui parlait de l’action de Mozaïk et de Saïd Hammouche. Ça a fait tilt ! Je ne soupçonnais pas que les discriminations à l’emploi puissent concerner des diplômés Bac+5 et même plus… J’ai été surpris de constater que des jeunes formés et compétents sont écartés du fait de leurs origines sociales, culturelles. Ou parce qu’ils viennent d’un « quartier ». C’est donc parti de là. J’ai enquêté. Et Saïd a accepté de me faire confiance pour réaliser ce film.
Le titre « A armes égales », d’où vient-il ?
« A armes égales » parce que le travail de Mozaïk c’est de permettre à ces jeunes de pouvoir accéder à l’emploi « à armes égales » avec d’autres. Beaucoup n’ont pas les codes. Certains doutent et perdent confiance en eux. On le voit d’ailleurs dans le film… Mozaïk contribue justement à remettre de la fierté en soi et de l’égalité là où il n’y en a pas. Tout en créant des ponts avec les entreprises. Mozaïk est une passerelle.
C’est un film qui dénonce ou qui donne espoir ?
Les deux. Il dénonce parce que la France est encore un pays discriminant. On doit avancer ! Et, même temps, c’est une note d’espoir. Les lignes bougent. Les entreprises se mettent au recrutement inclusif parce que ce sont aussi leurs intérêts qui sont en jeu.
Quel(s) souvenir(s) marquant(s) du tournage gardez-vous ?
Les jeunes m’ont beaucoup remué… Ils ont accepté de raconter leurs histoires. Ça m’a ému. Je garde notamment en mémoire Lu qui me reçoit chez elle et refait son CV en se demandant s’il faut rendre son prénom plus français, s’il faut laisser sa photo. Là on est dans le dur… Et quand elle a trouvé du travail, c’était chouette aussi !
Rendez vous le 7 février à 23h10 sur France 3.